Par Convercité et Guy Drouin
Est-ce qu’un lieu patrimonial doit obligatoirement conserver un design et une architecture traditionnels ? Voilà une question pertinente, avec plusieurs variables, à laquelle de nombreux architectes, urbanistes et historiens tentent de répondre le plus adroitement possible.
Plusieurs ville à travers le monde, dont Paris, Strasbourg, Barcelone, Dresde, Berlin, Copenhague, Londres sont confrontées à ce défi avec plus ou moins de succès. Que ce soit Paris avec la pyramide du Louvre, Copenhague avec son opéra ou Londres avec son complexe olympique dans un quartier industriel du début du XIXe sc. Il peut être dommage de perdre une trame urbaine et une architecture uniforme pour les remplacer par un bâti s'intégrant difficilement à la trame urbaine existante, tant par ses matériaux que par son gabarit. Mais le mimétisme est-il plus acceptable? C'est d'ailleurs toute la difficulté de nos PIIA actuels et leurs applications inégales d'une ville à l'autre. Mais, un lieu peut faire preuve d'originalité et de prouesses architecturales en alliant habilement l'architecture ancienne à la nouvelle tout en créant un choc d’époques impressionnant.
Elyana Javaheri dans This Big City, publiait un article sur la place du bâtiment moderne dans une ville classée patrimoine mondial, en utilisant l’exemple de la ville de Tolede, en Espagne. En effet, la ville compte parmi ses bâtiments impressionnants le Toletvm Chillout, un lieu de rencontre, de détente et de divertissement et le bâtiment les plus contemporain de la ville. Le Toletvm a beaucoup de succès à Tolede, tant au niveau de sa vocation mais surtout de l’ajout architectural intéressant qu’il apporte au patrimoine de la ville.
En voyant une ville patrimoniale réussir à intégrer le moderne à l’ancien sans détruire son patrimoine, on ne peut s’empêcher de se questionner sur la difficulté d'une ville comme Montréal, où il semble exister deux scénarios récurrents : soit on rase et on remplace (cf. le cas de la rue Saint-Laurent dans le Quartier des Spectacles), soit on conserve et on ne peut pas proposer de nouveauté architecturale. Est-ce si compliqué de faire cohabiter l’ancien et le nouveau en sol montréalais ? La question se pose aussi pour les villes du Québec. Quand vient le temps d'insérer un nouveau bâtiment dans la trame urbaine, est-il possible de construire un bâtiment qui aura la facture d'un bâtiment du XXIe sc.tout en conservant notre patrimoine?


Une ville s'élabore dans la durée, par ajouts, densifications, transformations qui avec le temps apparaissent lents alors qu'ils ont pu paraître brutaux. La pyramide du Louvre a suscité de nombreuses et vives polémiques. Aujourd'hui, personne n'en débat plus. Elle est devenue patrimoniale. A l'époque de sa construction, j'étais effaré de l'inculture de ses adversaires. Car le Louvre, c'était 600 ans d'histoire, du château de Philippe Auguste, à l'Empire en passant par la Renaissance et l'époque classique : une cohabitation de styles très différents que plus personne ne percevait comme tel. Avec le projet de Pei, le Louvre revivait, on interrogeait son histoire, on en relisait l'architecture et sa place dans la ville.
RépondreSupprimerPour autant, je ne suis pas partisan des discours de Rem Koolhaas, architecte néerlandais, sur le chaos et le désordre urbain comme formes de la modernité.
Oui, l'urbanisme est un art du tissage, du metissage.
Bruno REMY