lundi 17 décembre 2012

Les deux solitudes: Patrimoine et Modernité



par François Beaulieu, chargé de projet

L’ouverture sur le monde favorise aujourd’hui l’amélioration du niveau de connaissances. Cette tendance a pris forme depuis l’implantation progressive de l’infrastructure d’Internet, il y a maintenant plus d’une vingtaine d’années. La recherche facilitée par ce moyen technique incroyable, la vision périphérique développée au point de tout voir et tout englober d’un seul regard, nous fait perdre le sens critique et l’esprit d’analyse.

L’intérêt manifeste toujours grandissant de tout ce qui touche au patrimoine a suivi la même courbe.

Ce qui devient dangereux à notre époque, c’est de tout vouloir présenter sur un même bâtiment.  Allier la modernité de la construction durable et efficace, avec une touche d’éléments historiques ou patrimoniaux, sortis de leur contexte.

Un exemple frappant est de trouver joli et intéressant des éléments d’ornementations, comme des volets, et de les installer sans raison de chaque côté des ouvertures. Rechercher le sens de la pose d’un volet, et surtout concevoir un volet qui aura la dimension appropriée, fera en sorte, à tous le moins, d’avoir respecté l’histoire ainsi que le bâtiment.

Le travail de sensibilisation et de sauvegarde du patrimoine se veut continu pour éviter la tentation de banaliser ou d’étaler de façon ostentatoire et sans raison les styles et les façons de faire.

La recherche a toujours sa place, alors peut-être devrions-nous revoir la façon de la faire

lundi 3 décembre 2012

Tendance commerciale



Par Pierre Laflamme, Demarcom

Chez les grandes surfaces, la tendance est à la réduction des formats et à leur insertion dans des projets mixtes immobiliers. Les consommateurs magasinent à l’aide de la technologie et sont prêts à se rendre à plusieurs destinations pour y bénéficier de bon prix.

Né vers 1962 (51 ans déjà!), les grandes surfaces ont connu leur maturité vers les années 1990. Récemment, la récession et les changements d’habitude de consommation ont accru leur déclin et favorisé les concepts plus petits. Les boomers vieillissent, ont des besoins moindres et les plus jeunes retardent le moment de créer une famille, réduisant d’autant les besoins en consommation.

Le commerce électronique, et particulièrement le « Show Rooming », cette faculté de comparer les prix via le téléphone portable et de commander en ligne affectent les grandes surfaces. Fait à souligner: l’alimentation en magasin semble protéger les grandes surfaces de ces changements de comportement. La nourriture s’achète sur place, non en ligne, et favorise donc des déplacements en magasin.

Voilà pourquoi , à notre avis, les grandes surfaces vont devenir plus à l’écoute des projets mixed-used (MXD), ces projets où au moins trois fonctions urbaines génèrent un revenu (un mélange de commerce, bureaux, condo, hébergement et autres).

lundi 12 novembre 2012

Tendances urbaines

Par Pierre Laflamme, président Demarcom

Voici quatre mouvements en action qui sont appelés à prendre de l’ampleur dans le tissu urbain.


Le bassin de vie

C’est là où s’organise la vie quotidienne des résidents. C’est l’équipement commercial de proximité qui côtoie les entreprises de santé, scolaires, l’emploi et le loisir. Plus le réseau s’enrichit de ces activités, plus le lieu s’apparente à un véritable quartier.

C’est aussi une occasion d’y insérer des entreprises qui procurent de l’emploi local, réduisant considérablement le nombre de déplacements territoriaux. Le plan de quartier permet de définir ses besoins.

La piétonnisation

L’objectif de la piétonnisation consiste à redéfinir la trame des déplacements en favorisant une économie de proximité. Les aménagements publics créent des effets positifs sur le privé et sur l’amélioration de la mixité commerciale locale.

Créer des réseaux piétonniers renforce l’appartenance à un quartier et confirme la valeur du bassin de vie pour ses occupants qui n’ont plus à se déplacer uniquement pour sortir du quartier.

La densité commerciale

Elle s’accompagne souvent d’une densité immobilière qui abrite une mixité d’usages : résidentiel, bureaux, loisir, commercial, hébergement et autres.

La rareté de l’espace urbain qu’observent les municipalités les conduit à s’interroger sur l’usage de l’espace restant. La densité permet de rehausser l’activité humaine urbaine dans des conditions qui redessinent les conditions de voisinage.

La prospective urbaine

C’est l’étude de l’évolution future. C’est surtout une étude sur le potentiel d’accueil d’une forme urbaine renouvelée. Quels sont les usages imaginés de demain qui devraient en constituer la réalité?

Ce type d’étude s’appuie sur la programmation des fonctions résidentielles et commerciales et du potentiel d’accueil d’autres équipements. Elle permet d’envisager la future occupation du sol et de voir comment la ville peut se transformer pour devenir un lieu de vie recherché.

Les tendances s’inscrivent dans une vue de développement durable!

jeudi 20 septembre 2012

La mobilité commerciale durable







Par Pierre Laflamme, président Demarcom

La mobilité durable est une politique d’aménagement et de gestion du territoire qui favorise une mobilité pratique, peu polluante et respectueuse de l’environnement.

Si le commerce de proximité répond plutôt bien à cette politique, qu’en est-il du parc de grandes surfaces, du centre commercial régional, de la factorerie, du centre de type style de vie? Est-ce que tout ce qui n’est pas implanté déjà dans un milieu urbain dense est condamné à ne jamais être « durable »? Si oui, alors il faut installer les Walmart, les Canadian Tire, les Home Depot directement dans les quartiers!

En fait, c’est déjà le cas! Montréal et Toronto accueillent des grandes surfaces de type urbain qui se fondent avec l’environnement. Mais pour les autres destinations commerciales évoquées plus haut, l’on se rend compte que les critères de mobilité durable ne peuvent s’appliquer unilatéralement pour chacune d’elles.

Il faut définir des seuils acceptables pour chacune des fonctions commerciales. Par exemple, la mobilité peut être définie en termes de temps d’accès, d’aisance d’accès, de coût de déplacement, de qualité du trajet. Pour chaque mode de transport et pour chaque destination, les variables diffèrent. Chaque type de fonction commerciale peut ainsi bénéficier d’un indice spécifique de mobilité durable à atteindre. Puisque chaque format d’affaires n’offre pas le même profil de mobilité commerciale durable, il est utopique d’appliquer un concept universel à la gestion de la mobilité.

Les tendances immobilières favorisent la mobilité durable. Ainsi, la densification commerciale, les projets de type Mixed-Used Development (MXD), la requalification d’immeubles avec commerce au rez-de-chaussée, le redéveloppement de terrains contaminés, et l’insertion d’une fonction commerciale de proximité dans les grands projets immobiliers (1000 ménages et plus) représentent autant de nouvelles manières d’améliorer la mobilité commerciale durable.

En réalité, cette mobilité commerciale évolue au gré des projets. Si chaque projet commercial peut mériter un score, il faut aussi en décerner un au territoire qui en abrite un ou plusieurs.
Planifier le développement commercial joue en faveur de la mobilité commerciale durable.

jeudi 5 juillet 2012

Le commerce pop-up

Pierre Laflamme   
L'on connaît déjà le commerce saisonnier et le commerce événementiel.
 
Le commerce temporaire
Il apparaît pendant la nuit, enchante le consommateur par son design original, sa mercatique osée et son apparente simplicité. Ce sont principalement les grandes marques qui initient le bal. Puma avec ses 11 000 pc de conteneurs recyclés appelée Puma City a été conçu pour la course Volco Ocean Race de 2008 et voyage à travers le monde sur des cargos.

La marque japonaise UNIQLO a créé des boutiques cubes à Manhattan pour un événement de patins à roulette sponsorisé par l’entreprise.
 
Le pop-up store
Le pop-up store est aussi appelé le Shop in store, le magasin dans le magasin, un concept déjà existant. Parler de pop-up store, c’est parler de boutique-pub car l’objectif de l’effort semble reposer davantage sur la promotion que la vente en soi. À titre d’exemple, la boutique FAO Schwartz a signé une entente pour installer au moins 275 boutiques dans les magasins Macy’s.

Le centre commercial temporaire
L’exemple le plus fameux est le Boxpark lancé à Shoreditch (un quartier de Londres). Le projet comprend 60 boutiques faites à même les conteneurs océaniques recyclés pour l’aventure.

Ici, le bail est d’un an et non de cinq ou dix ans. C’est un moyen original pour s’introduire dans le marché.

L’art comme incubateur
Comme dans bien des projets de revitalisation, l’art sert de point d’appui à la relance d’un quartier. Ici, dans le mouvement de l’occupation temporaire, on peut parler du mouvement Art Basel, à Miami. Art Basel est une manifestation d’art contemporain qui se tient à chaque année à Bâle en Suisse. L’événement est réputé être l’un des plus importants au monde. Miami héberge l’édition américaine (Nord et Sud) en décembre 2012. L’utilisation du conteneur en tant que galerie artistique est une réalité depuis plusieurs années.