Il y a trois semaines, je lisais la Veille commerciale et je suis tombé sur un article de urbanews.fr : Montréal, que faire du silo no 5? Puis, aujourd’hui, dans Roche Mag, un magazine de la ville de La Roche-sur-Yon, Répondre aux nouvelles problématiques urbaines. Deux pays, deux approches différentes, mais toujours des délais aussi longs.
Par sa taille, son implantation et sa volumétrie, le Silo n° 5, construit à partir de 1906, forme un alignement monumental le long de la Pointe-du-Moulin. Avec ses élévateurs flottants qui permettaient le déchargement des céréales des cales et le chargement simultané des navires transatlantiques sans toucher aux quais, il démontre les prouesses technologiques d’une époque, tout en offrant le potentiel d’un belvédère sur la ville et le fleuve. Avec la démolition des silos 1 et 2 (en 1978), il est le dernier pan du panorama portuaire du Vieux-Montréal de l’époque. Son intérêt patrimonial a été reconnu par le Bureau d’examen des édifices du patrimoine.
Depuis la fermeture de ce bâtiment portuaire, les projets pour lui offrir une seconde vie se multiplient, mais n’aboutissent jamais. Le plus crédible semble être l’installation du Musée d’art Contemporain de Montréal. Il est privilégié par l’administration portuaire, mais le dossier commence à prendre la poussière. Malgré une nomination patrimoniale, l’édifice se dégrade d’année en année. Bon nombre de fenêtres sont brisées, la végétation cohabite avec la rouille et l’odeur de grains y est persistante.
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| Le projet |
Par ailleurs, à La Roche-sur-Yon, dans le plan de la ville nouvelle approuvé par Napoléon 1er, La Roche-sur-Yon s’organise autour d’une place principale centrée et vaste (140 m de large sur 200 m de long. Dès 1805, la ville est tracée selon un modèle en damier. La place Napoléon est érigée en son centre. Cette place est conçue pour devenir le centre de l’agglomération avec des allées d’arbres et le croisement des deux principales artères de la ville. Ce vaste espace est d’abord recouvert de sable et par la suite empierré, une statue de Napoléon 1er est érigée en son centre en 1853, afin de rompre avec l’austérité de la place.
Initialement crée pour des parades militaires, la place Napoléon, demeure animée au cours du XIXe siècle avec ses cafés son hôtel et ses établissements scolaires. À partir de 1950, l’arrivée massive de l’automobile transforme cette esplanade en parc de stationnement et en 1963, il est entièrement asphalté et peut accueillir 700 places de stationnement. En 1974, un concours est lancé pour créer un nouvel aménagement. 73 projets proposés, rien de réalisé. En 1982, un projet de compromis est réalisé, conjuguant stationnements, animation, détente et roseraie. Rien pour faire l’unanimité. Puis, en 2010, un concours est lancé, 52 équipes se portent candidates et un projet est retenu et présenté aux Yonnais pour approbation. Ce projet s’appuie sur l’histoire de La Roche-sur-Yon et doit répondre aux nouvelles problématiques urbaines et aux attentes des Yonnais. « Il s’agit de concevoir une place comme un ensemble harmonieux, de grande qualité, le ‘’ salon ’ où les Yonnais accueillent et reçoivent leurs amis. » Pierre Regnault, maire.
Ce qui me frappe dans la démarche Yonnaise, c'est d'une part, la consultation et la participation citoyenne à la démarche de requalification de la Place Napoléon par la présentation en réunion publique du projet et les discussions avec les citoyens et d'autre part, l'implication de la Ville pour une vraie démarche de concertation par l'organisation et la création d'un espace d'exposition et d'animation dédié à ce projet urbain. Cet espace propose aux Yonnais de découvrir ce projet à travers une exposition, mais aussi des visites du site, des rencontres et des conférences...
Ce projet de rénovation urbaine est au service de la population. Ce projet urbain est avant tout un projet humain. La qualité de la concertation est un critère important d’appréciation. Le porteur de projet est le premier responsable, et la Ville veille à la mise en place d’une stratégie de concertation aux différentes étapes du projet :
- en enrichissant son contenu
- en facilitant son appropriation, donc sa mise en œuvre
- en assurant sa pérennité
- en le faisant correspondre aux attentes de la population
L'appréciation du projet par les citoyens concernés est indispensable pour répondre à leurs aspirations. Une concertation active repose sur :
- le partage du diagnostic préalable et l’élaboration concertée du projet
- l’association des habitants tout au long de la mise en œuvre
- l’évaluation des effets du projet auprès des habitants et des usagers.
À quand, une démarche semblable dans nos municipalités québécoises?
Nouvelle Place Napoléon présentée par Alexandre... par regnault-tv

